« C’est pas tous les jours dimanche ! » pour Donald Trump

Donald Trump ayant écarté les derniers candidats à l’investiture républicaine en vue de l’élection présidentielle américaine, Christophe Deborsu accueillait dimanche sur le plateau de la chaîne de télévision belge RTL-TVI dans son émission « C’est pas tous les jours dimanche ! » deux invités qui « osent dire du bien du milliardaire new-yorkais » alors que, « de ce côté-ci de l’Atlantique », l’on – c’est à dire la cacophonie médiatique ambiante – s’accorde à le détester.

L’introduction du sujet de cette séquence qui dura 12 minutes, montre en main, commença et se termina par la même scène dans laquelle l’on apercevait le candidat républicain maîtriser un quidam et lui asséner un crochet lors d’un combat de catch. Dans l’intervalle, l’on diffusa un flash-back sur les propos supposés les plus édifiants du candidat pendant sa campagne. Pour parfaire le conditionnement des téléspectateurs, le premier intervenant fut étiqueté « proche de la droite du MR » (Mouvement réformateur, parti belge de tendance libérale) alors qu’à vrai dire cet intervenant, philosophe de formation, n’est affilié à aucun parti politique ni ordre quelconque. L’autre invitée était la photographe officielle, d’origine belge, de Donald Trump.

A quel titre nous arrogerions-nous le droit de juger le peuple américain dans ses choix électoraux ? Les démocraties seraient-elles plus efficaces de ce côté-ci de l’Atlantique ? Nos choix de personnel politique s’avèrent-ils à chaque fois, ici et partout ailleurs dans l’Union européenne, plus judicieux ? En outre, pour un Européen, cela a-t-il le moindre sens d’être férocement pour ou contre tel candidat américain puisque le citoyen européen n’est pas invité à participer à l’élection ? Ne vaudrait-il pas mieux, pour le cas où Trump se ferait élire par le peuple américain, s’informer de son programme (disponible sur la toile, en anglais il est vrai) plutôt que prendre pour argent comptant les fantasmes de médias qui n’ont cure de s’astreindre à une telle lecture ?

L’un des chapitres du programme du candidat Trump s’intitule « Réformer la relation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine en vue de restaurer la grandeur de l’Amérique ». La décision du Président Bill Clinton d’inclure la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce a, selon Trump, entraîné la fermeture de 50.000 usines et la perte de millions d’emplois aux Etats-Unis. Aussi propose-t-il de ramener la Chine à la table de négociation en dénonçant les manipulations de sa devise et de protéger l’inventivité et l’investissement américains en forçant la Chine à respecter les droits de propriété intellectuelle et à cesser de contraindre les entreprises désireuses d’accéder à son marché de partager les technologies dont elles sont propriétaires. « Baissons l’impôt des sociétés afin de garder les entreprises et les emplois chez nous, ajoute-t-il, et attaquons-nous à la problématique de la dette et du déficit budgétaire afin que la Chine ne puisse pas s’en servir comme moyens de chantage. »

Plutôt que matière à critiquer, n’y aurait-il pas là quelques éléments de réflexion et d’inspiration pour une Europe en panne d’idées de relance économique et en proie à ses propres démons ?

* * *

Soutenez la page Palingénésie sur Facebook. Suivez Palingénésie sur Twitter.

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

Pas encore de commentaires.

Laisser un commentaire

Laissez votre commentaire ici. Votre adresse Email restera strictement privée.
Email
Print