Election américaine : le résultat n’a guère d’importance !

Le résultat de l’élection américaine n’a guère d’importance en soi, selon Steen Jakobsen, économiste en chef et chief investment officer de la Saxo Bank, connue pour ses “prédictions outrageuses“. « Si Clinton l’emporte, écrit-il, la probabilité d’une récession augmente immédiatement, accompagnée d’un retour aux pratiques des affaires des années 70 avec une Maison Blanche en forme de Politburo. Si Trump gagne, ce sera un raccourci vers un bouleversement politique majeur dans la mesure où cela marquera la fin du monopole entre les partis démocrate et républicain et aboutira à un agenda anti-globalisation, anti-ouverture et anti-commerce. Le seul point positif de ce changement résidera dans le fait de ce changement lui-même. »

Et, ce ne sont pas plus d’Obamanomics dont les Etats-Unis ont besoin. L’administration sortante a certes créé plus d’emplois, mais en pratiquant la « finance vaudou » et en accumulant une montagne de dettes. En outre, la croissance et, donc, le revenu moyen sont en berne, remarque Jakobsen sur tradingfloor.com.

Trump pourrait gagner en dépit de (plutôt qu’à cause de) ce qu’il est, estime-t-il en substance, mais quel que soit le vainqueur, il descendra dans l’Histoire comme le non-président, celui qui nous fera aspirer à autre chose, nous le fera apercevoir et exiger. Malgré que Trump fasse l’objet d’une véritable chasse aux sorcières digne du McCarthysme d’antan de la part des médias traditionnels, l’enjeu n’est pas le candidat Trump, ni ses conceptions plus ou moins débiles, mais le fait qu’il constitue un catalyseur pour le changement, même s’il ne correspond pas pour autant à notre vision du futur.

L’économiste poursuit : « L’enjeu est un repositionnement générationnel et une renégociation du contrat social. La société est à ce point déséquilibrée en ce qui touche les marchés, l’homogénéité sociale, l’égalité et la productivité qu’un retour à la normale comportera certes un tribut politique considérable en termes de croissance et de perspectives, mais, l’homme n’est-il pas ainsi fait qu’il lui faut faillir avant de se ressaisir ? Une crise ne contient-elle pas les prémices d’un renouveau ? De ce point de vue, si la prochaine élection présidentielle américaine s’inscrit en défaut dans beaucoup de catégories, l’une d’elles fait exception : l’échec est presque garanti. »

« Quand nous regardons l’histoire, nous savons que l’expérience de tout ce que nous rejetons nous permet de comprendre ce à quoi nous aspirons réellement : une meilleure version de la société, et, avant tout, une meilleure version de nous-mêmes », conclut Jakobsen.

Que l’élection américaine puisse finalement déboucher sur une vision optimiste de la société au sein de laquelle l’homme retrouverait sa place centrale et essentielle et toute sa liberté de penser, d’agir et d’entreprendre sur un terrain déblayé des privilèges de caste et du catastrophisme médiatico-politique, consisterait en un fameux paradoxe aux yeux de ceux qui désespèrent de voir leurs contemporains s’affranchir des carcans de l’irresponsabilité et de la médiocrité.

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