« La révolution Trump » (Drieu Godefridi) : Faisons fi de la médiocratie !

L’un de vos fils se déclare un fan inconditionnel du 45e président des Etats-Unis. Pire, il s’affiche comme tel dans un livre à large diffusion. Vous précipitez-vous chez le Garant de la Pensée Unique (mieux connu sous l’acronyme GPU ou Guépéou¹ pour les plus anciens) pour le dénoncer et le renier fissa ? J’ai accordé le bénéfice du doute à Drieu et lu son dernier essai, « La révolution Trump ».

Son premier mérite est de prendre le contre-pied de tout ce que l’on a lu et entendu, lit et entend, de partout et à tout bout de champ, en particulier dans les médias européens, toujours prompts à donner des leçons, au sujet du candidat et du président Donald Trump. Est-il la personnification du mal, de la grossièreté, de l’inaptitude ? Est-il mûr pour une procédure de mise en accusation (« impeachment ») ?

Dans « La révolution Trump », Drieu commence par réfuter, un par un, les principaux arguments à charge de l’ancien candidat et de l’actuel président Trump, des plus grivois (les propos de vestiaire) aux plus graves (les allégations de collusion avec la Russie pendant la campagne électorale). En ce qui concerne ces allégations – susceptibles, si elles avaient été fondées, de justifier le déclenchement d’une procédure de mise en accusation –, Drieu relève qu’en fin de compte il n’y a pas « a shred of evidence » (pas le moindre début de preuve) et qu’à force de jouer les artificiers, ses adversaires ne sont pas à l’abri d’un retour de flamme (par exemple, dans l’affaire du dossier à charge constitué par un ancien agent secret britannique agissant pour le compte d’une firme de consultants, elle-même mandatée par le Parti démocrate).

Cette réfutation liminaire des arguments « ad hominem » déployés, pendant sa campagne et depuis son investiture il y a un an, par les adversaires de Donald Trump a paru nécessaire dans la mesure où le tir de barrage de ses adversaires leur sert d’écran de fumée destiné à masquer la futilité de leurs considérations sur la politique menée par le 45e président des Etats-Unis, sur l’avènement de ce que Drieu appelle « La révolution Trump ».

En quoi consiste ladite « révolution » ? Drieu en aborde une douzaine de thèmes, parmi lesquels l’immigration, la dérégulation, la fiscalité, le Moyen-Orient, l’appareil d’Etat (le « Deep State »), les médias, le « fair trade » (les échanges équitables), le climat, l’énergie, la justice, la paix (« Peace through Strength »), la culture, avant de conclure sur la portée structurante (« architectonique ») de cette révolution pour l’avenir de l’Amérique.

Si l’immigration fut le thème fondateur de la campagne de Trump (c’est par un discours sur ce thème qu’il lança sa campagne), le thème de la dérégulation paraît plus fécond à un esprit libéral car la sur-réglementation est bien engendrée par cette propension caractéristique des dirigistes à régenter les comportements et désormais aussi les paroles de tout un chacun, une inclination partagée par toutes les composantes du spectre politique européen. En témoignent les dizaines de milliers de pages qui s’ajoutent chaque année au droit français, au droit belge, au droit européen… « Aucun individu dans l’Histoire n’a jamais été aussi normé, borné, régulé que l’Occidental contemporain », écrit Drieu, qui parle de « folie régulatrice » néantisant la liberté et paralysant la vie économique.

Un autre thème évocateur affirmé par le Président Trump est celui qu’un regretté grand tribun libéral belge qualifia de la « rage taxatoire ». L’Occident vit sous l’empire d’une valeur unique, l’égalité, au sens matériel, une valeur qui a éclipsé toutes les autres et qui a induit un changement de nature de l’impôt, devenu un outil de redistribution. (Ces trois sujets ont été traités dans trois livres récents ayant fait l’objet de recensions sur palingenesie.com².) Le président Trump a initié l’une des baisses d’impôts les plus massives de l’Histoire américaine, diminuant d’autant le degré de socialisation de l’économie des Etats-Unis (lesquels, avec des dépenses publiques s’élevant à 40% du PIB restaient pourtant encore fort loin de la France avec ses 57%…).

Au travers des autres thèmes abordés, Drieu montre que le président Trump se révèle étonnamment bien avisé (dans ses positions à l’égard d’Israël et au Moyen-Orient), lucide (dans sa défiance vis-à-vis des médias et de l’appareil d’Etat), moderniste (dans sa prédilection pour twitter comme moyen de communication), pragmatique (en matière de politique étrangère et de commerce extérieur ainsi qu’en matière de climat et d’énergie), cohérent dans sa Weltanschauung telle qu’il l’exposa dans son discours sur la civilisation occidentale, le 7 juillet 2017, à Varsovie :

« Nous prisons l’Etat de droit et nous défendons la liberté de parole et la liberté d’expression. Nous soutenons les femmes qui sont les piliers de notre société et de notre succès. Nous mettons au centre de notre vie la foi et la famille, et non l’Etat et la bureaucratie. Nous débattons de tout. Tout est questionné. Nous voulons tout connaître afin de mieux nous connaître. Par dessus tout, nous respectons la dignité de chaque vie humaine, nous défendons les droits de chaque personne et nous partageons l’espoir de vivre en liberté qui se niche dans toute âme humaine. Voilà qui nous sommes. »

« La révolution Trump » doit-elle et peut-elle être enrayée ? Les élections législatives de mi-mandat qui se dérouleront cette année y apporteront peut-être une première réponse, les répercussions de la baisse historique des impôts sur le déficit budgétaire, l’inflation, les taux d’intérêt et le cours du dollar US, une autre. Entre-temps, Drieu propose la sienne dans un essai vif, palpitant et convaincant, à lire par tout qui entend échapper à l’unidimensionnalité aseptisée dans laquelle la médiocratie médiatico-politique européenne cherche à nous enfermer.

¹ Fake news. La GPU ou Guépéou fut l’un des noms de la police politique de l’Union soviétique. Les lois mémorielles et autres limitant la liberté de parole et d’expression chez nous n’ont pas encore amené la création d’un commissariat d’Etat proprement dit.

² La passion de l’égalité (Drieu Godefridi) – Philosophie de l’impôt (Philippe Nemo) –  La tyrannie de la redistribution (Thierry Afschrift).

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