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La décarbonation ne sert à rien et nous ruine

La décarbonation ne sert à rien et nous ruine Posted on 25 avril 2026Laisser un commentaire

Christian Gerondeau est infatigable sur le sujet de l’écologie. Après en avoir parlé des imposteurs et révélé la grande arnaque (2007), avoir évoqué le mythe planétaire autour du CO2 (avec une préface de Valéry Giscard d’Estaing, 2009), en avoir (prématurément) prédit la fin (2012) et avoir publié une dizaine d’ouvrages sur le climat (J’accuse!, La grande manipulation, Tout ça pour rien!, etc.) et la Religion écologiste, cet ingénieur polytechnicien nous revient pour son 88e anniversaire (qu’il a fêté le 23 mars dernier) avec ce petit pamphlet sur la décarbonation qui ne sert à rien et nous ruine. Comme qui dirait, il en remet une couche.

C’est le cas de le dire puisqu’il s’agit de l’atmosphère et du CO2. Gerondeau enjoint à ses lecteurs de poser les deux questions suivantes à ChatGPT : 1) Quelle est la masse de CO2 dans l’atmosphère en milliards de tonnes ? 2) De combien de milliards de tonnes les émissions européennes dues aux énergies fossiles ont-elles accru en 2025 la masse de CO2 atmosphérique après les absorptions par la nature ? Afin de vous éviter de devoir le faire, j’ai donc posé les deux questions à ChatGPT.

Ne pas confrondre le flux et le stock

La masse totale de l’atmosphère terrestre est, selon ChatGPT, de ≈ 5,15 × 10¹⁸ kg et la fraction de CO₂ ≈ 420 ppm (parties par million, 1 ppm = 0,0001%). En combinant ces deux valeurs, on obtient la masse de CO₂ dans l’atmosphère : 3200 milliards de tonnes. ChatGPT s’empresse d’ajouter que « ce chiffre augmente chaque année à cause des émissions humaines », fort bien, mais, soit dit en passant, c’en sont 100 milliards de moins que lorsque Gerondeau a lui-même consulté le robot.

Passons à la réponse à la seconde question. Les émissions de CO₂ de l’Union européenne sont de ≈ 2,6 à 2,8 milliards de tonnes de CO₂ par an (en augmentation de ~0,4 % en 2025 – serait-ce la conséquence d’une utilisation plus importante du lignite en Allemagne ?). ChatGPT suggère de retenir ≈ 2,7 GtCO₂. A l’échelle mondiale, ≈ 55 % de ces émissions sont absorbées par les océans et la végétation et ≈ 45 % des émissions de CO₂ restent dans l’atmosphère. Résultat : la contribution nette de l’UE à la masse de CO2 atmosphérique est de 2,7 GtCO₂×0,45 ≈1,2 GtCO₂, ≈ 1,2 milliard de tonnes de CO₂.

Gerondeau s’étonne – façon de parler, car plus grand-chose ne l’étonne dans la manière dont l’ONU, le GIEC, les COP, l’UE, la presse et les médias grand public) présentent toute cette problématique – que l’on persiste à parler en parties par million (ppm) s’agissant du stock de CO2 dans l’atmosphère et en gigatonnes (milliards de tonnes) s’agissant des émissions. Cela ne peut, d’après lui, que servir à dissimuler que le milliard de tonnes que l’UE expédie dans l’atmosphère ne peut rien changer de significatif au stock de quelque 3200 ou 3300 milliards de tonnes qui s’y trouve déjà.

Le Pacte vert de l’UE ne sert à rien

Autrement dit, le Pacte vert de l’UE et son catalogue de dépenses et de contraintes ne servent à rien. C’est sans doute pourquoi, fait remarquer Gerondeau, le Pacte vert ne comporte aucune indication chiffrée quant à l’influence supposée de ses injonctions sur l’évolution de la température terrestre. Il eût fallu avouer que lesdites injonctions n’en ont aucune, car comment l’unique gigatonne de l’UE aurait-elle une quelconque influence sur le stock existant de 3200-3300 gigatonnes ? Non seulement l’UE ne compte que pour 6 % des émissions annuelles de CO2 et le reste du monde pour 94 %, mais en outre elle ne peut agir que sur 1/3200ème (ou 3300ème) du phénomène auquel elle prétend remédier.

Que l’UE ne tienne aucun compte de la réalité des chiffres est, d’après Gerondeau, révélateur du poids du verbe dans la politique européenne et d’une manière générale sous nos latitudes. C’est, dit-il, ce qui explique les avancées de la Chine où le calcul reste primordial dans l’enseignement et les ingénieurs sont pléthore et le fait qu’une majorité de gens en Europe ait gobé ce qu’il appelle la fake news du siècle, à savoir qu’il existerait un consensus scientifique à 97 % attribuant le réchauffement climatique à l’activité humaine. Karl Popper s’en retourne dans sa tombe.

Outre qu’il est présomptueux – l’actualité en a témoigné – de croire que l’Union européenne puisse encore servir de modèle et changer le cours de l’histoire, elle ne peut rien faire en ce qui concerne le climat, si tant est que son évolution dépend des émissions de CO2. En effet, les pays en développement génèrent les deux tiers des émissions mondiales de CO2 et ces dernières augmente(ro)nt parce que ces pays ont besoin des énergies fossiles pour sortir leurs populations de la misère. La réduction de la mortalité infantile et juvénile et, par la suite, la prospérité auxquelles ils aspirent est directement liée à l’usage massif notamment de charbon pour produire une électricité abondante et bon marché.

Il y a un problème, ce n’est pas le climat

Comment pourrait-on mieux dire les choses que le fit le prix Nobel de physique 2022, l’Américain John Clauser, lorsqu’il se rallia au réalisme en matière de climat en signant la déclaration Clintel et en commentant sa position en ces termes (cités par Gerondeau) : « Le narratif habituel sur le changement climatique constitue une dangereuse corruption de la science qui menace l’économie mondiale et le bien-être de milliards de personnes. La vérité est qu’il n’y a pas de crise climatique. En revanche, il y a un problème, bien réel celui-là, qui est de fournir un niveau de vie décent à une large part de la population mondiale, ce qui nécessite le recours aux énergies fossiles… »

Et pourtant, l’Union européenne continue à systématiquement se fourvoyer dans ses incongruités politiques aux coûts faramineux (Gerondeau décrit les unes et détaille les autres), à détruire ses principales industries (la production d’électricité, l’automobile, le bâtiment, le transport, la chimie, etc.) et à s’autodétruire sans aucun égard pour ce à quoi la majorité de ses citoyens aspire. Faut-il y voir une sorte de fascination morbide de ses supposées élites pour une apocalypse civilisationnelle de proportions bibliques ?

La décarbonation ne sert à rien et nous ruine, Christian Gerondeau, 128 pages, L’Artilleur.

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