Christian Gerondeau est infatigable sur le sujet de l’écologie. Après en avoir parlé des imposteurs et révélé la grande arnaque (2007), avoir évoqué le mythe planétaire autour du CO2 (avec une préface de Valéry Giscard d’Estaing, 2009), en avoir (prématurément) prédit la fin (2012) et avoir publié une dizaine d’ouvrages sur le climat (J’accuse!, La grande manipulation, Tout ça pour rien!, etc.) et la Religion écologiste, cet ingénieur polytechnicien nous revient pour son 88e anniversaire (qu’il a fêté le 23 mars dernier) avec ce petit pamphlet sur la décarbonation qui ne sert à rien et nous ruine. Comme qui dirait, il en remet une couche.
C’est le cas de le dire puisqu’il s’agit de l’atmosphère et du CO2. Gerondeau enjoint à ses lecteurs de poser les deux questions suivantes à ChatGPT : 1) Quelle est la masse de CO2 dans l’atmosphère en milliards de tonnes ? 2) De combien de milliards de tonnes les émissions européennes dues aux énergies fossiles ont-elles accru en 2025 la masse de CO2 atmosphérique après les absorptions par la nature ? Afin de vous éviter de devoir le faire, j’ai donc posé les deux questions à ChatGPT.
Ne pas confrondre le flux et le stock
La masse totale de l’atmosphère terrestre est, selon ChatGPT, de ≈ 5,15 × 10¹⁸ kg et la fraction de CO₂ ≈ 420 ppm (parties par million, 1 ppm = 0,0001%). En combinant ces deux valeurs, on obtient la masse de CO₂ dans l’atmosphère : 3200 milliards de tonnes. ChatGPT s’empresse d’ajouter que « ce chiffre augmente chaque année à cause des émissions humaines », fort bien, mais, soit dit en passant, c’en sont 100 milliards de moins que lorsque Gerondeau a lui-même consulté le robot.
Passons à la réponse à la seconde question. Les émissions de CO₂ de l’Union européenne sont de ≈ 2,6 à 2,8 milliards de tonnes de CO₂ par an (en augmentation de ~0,4 % en 2025 – serait-ce la conséquence d’une utilisation plus importante du lignite en Allemagne ?). ChatGPT suggère de retenir ≈ 2,7 GtCO₂. A l’échelle mondiale, ≈ 55 % de ces émissions sont absorbées par les océans et la végétation et ≈ 45 % des émissions de CO₂ restent dans l’atmosphère. Résultat : la contribution nette de l’UE à la masse de CO2 atmosphérique est de 2,7 GtCO₂×0,45 ≈1,2 GtCO₂, ≈ 1,2 milliard de tonnes de CO₂.
Gerondeau s’étonne – façon de parler, car plus grand-chose ne l’étonne dans la manière dont l’ONU, le GIEC, les COP, l’UE, la presse et les médias grand public) présentent toute cette problématique – que l’on persiste à parler en parties par million (ppm) s’agissant du stock de CO2 dans l’atmosphère et en gigatonnes (milliards de tonnes) s’agissant des émissions. Cela ne peut, d’après lui, que servir à dissimuler que le milliard de tonnes que l’UE expédie dans l’atmosphère ne peut rien changer de significatif au stock de quelque 3200 ou 3300 milliards de tonnes qui s’y trouve déjà.
Le Pacte vert de l’UE ne sert à rien
Autrement dit, le Pacte vert de l’UE et son catalogue de dépenses et de contraintes ne servent à rien. C’est sans doute pourquoi, fait remarquer Gerondeau, le Pacte vert ne comporte aucune indication chiffrée quant à l’influence supposée de ses injonctions sur l’évolution de la température terrestre. Il eût fallu avouer que lesdites injonctions n’en ont aucune, car comment l’unique gigatonne de l’UE aurait-elle une quelconque influence sur le stock existant de 3200-3300 gigatonnes ? Non seulement l’UE ne compte que pour 6 % des émissions annuelles de CO2 et le reste du monde pour 94 %, mais en outre elle ne peut agir que sur 1/3200ème (ou 3300ème) du phénomène auquel elle prétend remédier.
Que l’UE ne tienne aucun compte de la réalité des chiffres est, d’après Gerondeau, révélateur du poids du verbe dans la politique européenne et d’une manière générale sous nos latitudes. C’est, dit-il, ce qui explique les avancées de la Chine où le calcul reste primordial dans l’enseignement et les ingénieurs sont pléthore et le fait qu’une majorité de gens en Europe ait gobé ce qu’il appelle la fake news du siècle, à savoir qu’il existerait un consensus scientifique à 97 % attribuant le réchauffement climatique à l’activité humaine. Karl Popper s’en retourne dans sa tombe.
Outre qu’il est présomptueux – l’actualité en a témoigné – de croire que l’Union européenne puisse encore servir de modèle et changer le cours de l’histoire, elle ne peut rien faire en ce qui concerne le climat, si tant est que son évolution dépend des émissions de CO2. En effet, les pays en développement génèrent les deux tiers des émissions mondiales de CO2 et ces dernières augmente(ro)nt parce que ces pays ont besoin des énergies fossiles pour sortir leurs populations de la misère. La réduction de la mortalité infantile et juvénile et, par la suite, la prospérité auxquelles ils aspirent est directement liée à l’usage massif notamment de charbon pour produire une électricité abondante et bon marché.
Il y a un problème, ce n’est pas le climat
Comment pourrait-on mieux dire les choses que le fit le prix Nobel de physique 2022, l’Américain John Clauser, lorsqu’il se rallia au réalisme en matière de climat en signant la déclaration Clintel et en commentant sa position en ces termes (cités par Gerondeau) : « Le narratif habituel sur le changement climatique constitue une dangereuse corruption de la science qui menace l’économie mondiale et le bien-être de milliards de personnes. La vérité est qu’il n’y a pas de crise climatique. En revanche, il y a un problème, bien réel celui-là, qui est de fournir un niveau de vie décent à une large part de la population mondiale, ce qui nécessite le recours aux énergies fossiles… »
Et pourtant, l’Union européenne continue à systématiquement se fourvoyer dans ses incongruités politiques aux coûts faramineux (Gerondeau décrit les unes et détaille les autres), à détruire ses principales industries (la production d’électricité, l’automobile, le bâtiment, le transport, la chimie, etc.) et à s’autodétruire sans aucun égard pour ce à quoi la majorité de ses citoyens aspire. Faut-il y voir une sorte de fascination morbide de ses supposées élites pour une apocalypse civilisationnelle de proportions bibliques ?
La décarbonation ne sert à rien et nous ruine, Christian Gerondeau, 128 pages, L’Artilleur.
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Un récent article d’actualité publié sur Palingénésie Digest est à lire (et éventuellement à commenter) via le lien ci-dessous :
UE : L’équilibre introuvable entre souverainetés et unité européenne
Un commentaire en marge des récentes élections législatives en Hongrie.
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C’est en effet une idéologie mortifère que nous impose l’EU.
Nous sommes étonnés de la passivité des citoyens des pays européens.
Et, en plus, « on admire » les beaux projets très technologiques d’extraction du CO2 de l’air par des « usines » créées grâce nos impôts, via une ONG (?) Suisse (donc pas en EU !!!)
Par exemple actuellement en Islande :
Ce pays est devenu un leader mondial avec l’usine Orca (lancée en 2021) et l’usine Mammoth (inaugurée en 2024), toutes deux situées près de Reykjavik et exploitées par Climeworks.
Elles utilisent l’énergie géothermique pour aspirer le CO2 et le stocker dans le basalte.
Voir leur site: https://climeworks.com/
Je dirais ceci: pour capturer chaque molécule de CO2, il faut donc leur fournir un € de nos impôts!!
Conclusion rapide: quand on voit les investisseurs dans ces projets… on imagine où vont nos sous… certainement pas dans le basalte !!
GRAND MERCI pour ce texte qui doit faire réfléchir les « braves gens » se laissant dominer par des » scientifiques » sans moralité mais dotés de très grosses poches.
Ce CO2 indispensable à la vie est devenu L’ennemi!!
Et j’ose encore rêver d’une école qui instruirait les jeunes, leur apprendrait l’esprit critique….. A quand une révolte des enseignants, des parents??
L’argument « tant que les autres gros émetteurs/consommateurs n’y font rien, je n’ai aucune raison de bouger » n’est pas très convaincant, car il justifie l’inaction dans tous les domaines où l’on ne se trouverait pas en position de pointe.
Une politique « sans regret » peut justifier la réduction de l’usage des carburants fossiles. La géopolitique l’impose même, depuis longtemps.
La question plus intéressante est de le faire de manière compatible avec les besoins sociaux, en particulier dans les pays en développement, et économiquement compétitive avec le statu quo. Le premier qui y arrive, même petit, se met à l’abri et se positionne mieux.
Les politiques énergétiques d’urgence décidées au nom du climatisme ont contre elles les inefficiences des solutions de rechange (la plus faible densité de récolte d’énergie primaire par hectare utilisé), les surinvestissements dus aux intermittences des sources, des coûts totaux plus élevés et une disponibilité problématique (nuit, vent calme, saison). Une réforme complète des consommations (transport, chauffage) entraîne aussi des investissements « dingues ». L’extraction de ressources diverses et la formation des gens sont aussi des paramètres non modulables à merci. Une planification à la soviétique (UE) mène aux résultats que l’on sait.
L’urgence déclarée d’un « net zéro » conduit à la catastrophe car elle crée des conflits inutiles et sans solution, aucun renoncement n’est acceptable (quelques centimes par litre de carburant font des gilets jaunes), ni dans les pays développés ni dans les autres.
1) L’homme et toutes ses industries, c’est 1% à 3% max du rejet de CO2 de toute la planète TERRE.
2) Le taux de CO2 dans l’air est passé de 0,035 % à 0,04 % (c’est 4% de 1% de l’air) en 50 ans. C’est à dire de pratiquement 0 à toujours pratiquement 0.
3) Des escrocs font une division de zéro par zéro pour démontrer que quand on passe de 3,5 % de 1% de l’air à 4 % de 1% de l’air, on a une augmentation proche de 30% et on peut la faire coller à l’évolution de l’ère industrielle. Avec une telle méthode on peut en fait tout démontrer mathématiquement puisque on est faux dans la pratique de base en faisant du 0/0… Observez bien les courbes produites par le GIEC qui font ces comparaisons et notez les changements d’échelle qui permettent de tirer les courbes du CO2 pour les faire coller à l’ère industrielle : la tromperie est là.
4) Alors qu’il n’y a pas de CO2 dans l’air, la France seule, forte de 60 millions d’habitants, et pratiquement plus aucune industrie, avec tous les équivalents CO2 (tous les rapports sont biaisés car ils ne parlent que d’équivalents CO2) et les escrocs qui se remplissent les poches à comptabiliser le CO2, oui la France remplirait à elle seule la terre de CO2 en 10 ans.
5) Enfin le meilleur. Si l’on regarde les autres planètes du système solaire, notamment MARS, qui est plus petite que la TERRE (proportion de MARS est : la moitié en diamètre, le tiers en surface, le dixième en masse), mais plus éloignée du SOLEIL, sur les mêmes 20 premières années de réchauffement climatique, quand la TERRE s’est réchauffée de +0,7°C, MARS s’est réchauffée de +0,6°C
En fait toutes les planètes du système solaire se sont réchauffées. Difficile à voir sur VENUS, trop proche du SOLEIL, mais très mesurable, même sur PLUTON.
6) Le CO2 n’est pas un polluant comme le disent les escrocs. Sans CO2 ces escrocs défenseurs de la culpabilité du CO2 n’existeraient pas, car pas de plantes vertes, pas d’animaux, pas d’algues, pas de plancton, pas de poisson et au bilan pas d’HOMME.
7) C’est la vapeur d’eau qui fait 99,9% de l’effet de serre. Sans vapeur d’eau on aurait sur la TERRE à l’équateur +170 °C le jour et – 50°C la nuit. Or il y fait 30°C en moyenne grâce à l’effet de serre qui est donc indispensable à la vie sur TERRE.
8) Sur MARS, à l’équateur on a +20 °C le jour et – 143°C la nuit. Pourtant l’atmosphère de MARS est constituée à 96 %, de CO2 , d’argon à 1,93 % et diazote à 1,89 %. Il n’y a donc pas d’effet de serre sur MARS malgré 96 % de CO2
9) Si le % de CO2 augmente, c’est parce que 70 % de la surface de la TERRE est de l’eau : avec le réchauffement très léger de l’eau il y a un léger relâchement du CO2 (loi de Henry sur la dissolution des gaz dans l’eau)
Que faut-il penser de cette analyse de l’IA basée sur l’article ?
✔️ Les chiffres avancés (stock de CO₂, émissions de l’UE) sont globalement corrects
❌ Mais le raisonnement est faussé : il compare un flux annuel (émissions) à un stock total (CO₂ présent), ce qui n’a pas de sens pour le climat
Le réchauffement dépend de l’accumulation progressive du CO₂ dans le temps
Le consensus scientifique (GIEC) confirme que les émissions humaines sont la cause principale du réchauffement actuel
L’UE a un impact limité seule, mais sa contribution n’est pas nulle et s’inscrit dans un effort global
Conclusion :
L’argument « la décarbonation ne sert à rien » repose sur une interprétation trompeuse des chiffres, pas sur la science.
À Yves-Marie,
« 7) C’est la vapeur d’eau qui fait 99,9% de l’effet de serre. Sans vapeur d’eau, on aurait sur la TERRE à l’équateur +170 °C le jour et – 50°C la nuit. »
– Même pas ! Les GES n’existent tout simplement pas. Le soleil réchauffe la biosphère par le sol, ce qui génère des mouvements convectifs diffusant ainsi les calories directement récupérées et génère aussi des évaporations, c’est-à-dire une récupération d’énergie sous forme de chaleur latente, laquelle sera restituée ailleurs en fonction des divers évènements météorologiques.