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« Estampillés » – Essai sur le néo-racisme de la Gauche au XXIe siècle

« Estampillés » – Essai sur le néo-racisme de la Gauche au XXIe siècle Posted on 27 novembre 20212 Commentaires

Estampillés : frappés d’une estampille, c’est à dire d’une marque apposée pour indiquer l’origine.

(Avertissement : la phrase qui suit est de nature à choquer les âmes sensibles.) « J’avais le fantasme de décharger un revolver dans la tête de n’importe quel Blanc qui se mettrait en travers de mon chemin, d’enterrer son corps et d’essuyer mes mains ensanglantées en m’éloignant sans culpabilité excessive, le pas léger. Comme si j’avais fait une putain de faveur au monde. »

Propos proférés par un infâme quidam ? Non, ils l’ont été par une Dr Aruna Khilanani, psychiatre et psychanalyste new-yorkaise apparemment en pleine introspection, sortie de l’Université de Chicago, qui, en avril 2021, s’exprimait sur « The Psychopathic Problem of the White Mind » à l’Université de Yale. Yale ! Vous avez bien lu. Ils servent d’introduction au thème qui fait l’objet d’Estampillés, le dernier essai en date de Drieu Godefridi.

Philosophe du cru (et d’un fort bon terroir), Drieu est juriste et docteur en philosophie (Sorbonne), l’auteur d’une quinzaine d’essais dont l’un prescient de la partie qui s’engageait, Le GIEC est mort – Vive la Science! (2012), un autre, La passion de l’égalité (2017), incontournable pour tout qui veut comprendre ce qui anime le socialisme, et l’excellent L’écologisme, nouveau totalitarisme? (2019) traduit en néerlandais sous le titre De Groene Utopie et en anglais sous le titre encore plus évocateur The Green Reich : Global Warming to the Green Tyranny.

Il y eut aussi des essais sur le genre et une série sur Trump et l’Amérique de son époque (désormais révolue, lut-on incidemment dans un revirement inattendu, à moins que l’ex-président ne cesse de ressasser sa défaite jugée et consommée ; Trump déchu, qui l’eût cru, n’est-ce pas, de la part d’un partisan de The Donald de la première à la dernière heure mais apparemment reconverti en partisan du Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.). Bref, nous ne sommes jamais loin d’où brillent les feux de l’actualité et brûle le brasier des idées.

Le racialisme, nouveau racisme

Estampillés, son Essai sur le néo-racisme de la Gauche au XXIe siècle, ne dépare pas la collection. Drieu y récuse le courant de pensée pseudo-scientifique qu’est le racialisme, qui prétend expliquer les phénomènes sociaux à partir de facteurs raciaux et qui s’opposerait au racisme en ce que celui-ci consisterait en un comportement, en général haineux, alors que celui-là consisterait en une théorie du caractère inégalitaire des sociétés sur base de critères de race et n’entraînerait pas nécessairement le premier.

D’aucuns allèguent même que le racialisme n’exalterait que l’amour de soi. A voir ! Drieu rétorque à cet argument qu’il faut en juger, non d’après sa notice d’utilisation dans Libération ou The Guardian, mais à la lumière des écrits « saturés d’exécration » contre le « Blanc » « essentialisé » par les tenants de ce néo-racisme et il renvoie qui veut s’en convaincre à Mediocre: The Dangerous Legacy of White Male America, un essai qu’il considère comme un précis abouti de haine raciale, publié l’an dernier par une essayiste de père originaire du Nigéria et de mère américaine blanche, Ijeoma Oluo.

Alors que le droit américain s’était pourtant progressivement indifférencié aux critères de race, ce qui correspondait au rêve de Martin Luther King (« I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin, but by the content of their character »), la race est réapparue à l’avant-plan via les programmes d’action affirmative jusqu’à acquérir l’ampleur sociétale qu’elle a pris aux Etats-Unis et dont l’Europe n’est pas immune. En attestent les manifestations, émeutes, déboulonnages et génuflexions contre le racisme.

L’auteur d’Estampillés parle d’une résurgence académique de la race et son essai prend au pied de la lettre ce discours nouveau, venu d’Amérique et fondé sur la notion de race, à la gauche du spectre politique et intellectuel occidental.

Essentialisation de la blanchité

Le Blanc essentialisé, nous le retrouvons chez Robin DiAngelo, une sociologue américaine dont les travaux portent sur les concepts de « blanchité » (« whiteness ») et de privilège blanc (auquel elle attribue le fait que, blanche, elle soit sortie de la pauvreté après le divorce de ses parents et le décès prématuré de sa mère) : « On n’est jamais innocent de sa race », écrit cette titulaire d’un doctorat en éducation multiculturelle (une matière qu’elle professa à l’université), dans White Fragility : Why It’s So Hard for White People to Talk About Racism, un best-seller dont la traduction française parut en 2020 – never waste a good crisis sous le titre Fragilité blanche : ce racisme que les blancs ne voient pas.

« L’identité blanche est intrinsèquement raciste », écrit cette protagoniste de la théorie néo-raciste dans son best-seller qui atteignit la première place de la liste du New York Times après les émeutes consécutives à la mort de George Floyd et, dans une interview à The Guardian, elle déclare : « Le racisme est un problème blanc. Il a été construit et créé par des Blancs et la responsabilité ultime incombe aux Blancs. »

L’essentialisation de l’homme blanc, c’est à dire l’acte de le réduire à une seule de ses dimensions, la couleur de son épiderme, sa blanchité, est complété de deux autres aspects dans l’idéologie politique qu’est le racialisme, la responsabilité collective (« All white people are racist », selon DiAngelo) et la responsabilité historique (l’homme blanc est coupable des crimes commis à travers les âges par tous les hommes blancs), responsabilité assortie de culpabilité.

Robin DiAngelo est loin d’être seule à voir les choses ainsi. Nikole Hannah-Jones, une journaliste d’investigation du New York Times, spécialiste de la « Critical Race Theory » qui reçut le prix Pulitzer du commentaire décerné par la faculté de journalisme de la Columbia University, qualifia les hommes blancs de démons barbares (« barbaric devils ») et de sangsues (« bloodsuckers »), et Christophe Colomb de « pas différent d’Hitler »…

« Se sachant inapte à fonder en raison sa vision du monde, le raciste de toutes les époques en vient naturellement à développer une herméneutique de l’essence, sur le mode victimaire », écrit Drieu Godefridi dans Estampillés. C’est ce principe moteur de l’idéologie du néo-racisme qui s’est abattue sur l’Occident qu’il s’attache à déconstruire pièce par pièce dans son essai.

Estampillés, Essai sur le néo-racisme de la Gauche au XXIe siècle, Drieu Godefridi, 164 pages, Texquis.

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(L’article ci-dessus a initialement été publié dans l’hebdomadaire satirique PAN n° 4010 du mercredi 17  novembre 2021.)

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2 commentaires

  1. MERCI pour cette présentation très claire! J’ai lu le livre et un seul mot me vient à l’esprit: L’ENVIE! (cfr livre de Helmut Schoeck ici présenté jadis). Ce racisme absolument fou ne peut venir que de personnes qui se sentent incapables de réaliser quelque chose et qui ENVIENT à mort ceux qui le sont!!

  2. En France la montée en puissance du néo-racisme de la gauche (importé du wokisme américain) va finir par poser un problème majeur en entreprise. Imaginez des séminaires de « sensibilisation » sur le lieu de travail, en particulier dans les filiales de grands groupes comme cela se fait aux Etats-Unis. Les Blancs se sentiront contraints de dire des choses du genre « Je juge les gens sur leur caractère, pas sur la couleur de leur peau. Je ne me soucie pas de savoir si une personne est blanche, noire, ou arabe. Etc. » comme s’il était nécessaire de se défendre (de quoi au fond ?). Si ce mouvement perdure, il faudra s’attendre à une forte dégradation des relations sociales au sein des entreprises (surtout les grandes, car dans les PME le bon sens va prévaloir).

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