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Mythes et légendes écologistes

Mythes et légendes écologistes Posted on 2 décembre 20231 Comment

L’Apocalypse ne date pas d’hier. C’est le titre du dernier livre du Nouveau Testament qui, écrit en grec ancien, commence par ces mots : Ἀποκάλυψις Ἰησοῦ Χριστοῦ. Rédigé dans un langage symbolique, il est de nature prophétique. Aussi intitulé Livre de la Révélation, il est censé dévoiler le sens divin de l’époque et annoncer la délivrance du peuple de Dieu. Le discours écologiste sur la fin du monde s’en inspire, à moins que ce ne soit, comme le suggère Benoît Rittaud dans Mythes et légendes écologistes, de la pralaya (प्रलय, « dissolution » en sanskrit) dans la cosmogonie hindoue.

Car, en vérité, l’eschatologie (le discours sur la fin des temps, à ne pas confondre avec son quasi-homophone) revient dans de nombreuses religions, mythologies et philosophies et est un sujet prisé dans l’art, la littérature et désormais les médias. Les prédictions n’engagent que ceux qui y croient. Auteur de Chroniques sceptiques à propos de la COP 21 (Paris, 2015), Rittaud est mathématicien. Hé ! Hé ! Pas climatologue, rétorqueront les zélateurs de la cause. En effet, pas plus que le Pape ou M. António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, qui ne cessent pourtant de nous parler de l’imminence du péril climatique et même de ce que l’effondrement a commencé.

Rittaud a cet avantage par rapport à nombre de personnes qui en parlent : les prédictions climatiques reposent sur des modèles et ces modèles sont, par essence, mathématiques. Ça, c’est son domaine et ça l’est rarement des prédicateurs de l’alarmisme climatique. Convaincre ces derniers de l’utilité d’en débattre étant peine perdue, Rittaud choisit de croiser le fer à visière levée sur leur propre terrain, celui du mythe fondateur de l’écologisme qu’il décrit comme suit : « Sa puissance et son égoïsme de court terme conduisent l’humanité à détruire l’environnement à l’échelle planétaire, ce qui va bientôt provoquer un effondrement global que l’on ne pourra éviter (ou freiner) que par une transformation profonde de notre société. »

La fin est imminente

La fin est imminente. Elle l’est sur le plan environnemental depuis plus d’un demi-siècle. Le 11 mai 1971, un message rédigé lors de la première conférence sur l’environnement, organisée à Menton en 1970 à l’initiative du militant contre la guerre Alfred Hassler, d’un moine et d’une moniale bouddhistes et d’une demi-douzaine de scientifiques, et signé par 2200 biologistes et écologistes de 23 pays, parmi lesquels quatre Prix Nobel, a été remis au secrétaire général des Nations unies U Thant. Il a paru en juillet 1971 dans le Courrier de l’Unesco sous le titre « Message à 3 milliards et demi de terriens ».

« Nous sommes tous aujourd’hui également menacés. Jamais les hommes n’ont affronté jusqu’ici un péril dont la gravité et l’ampleur relèvent de la conjugaison de plusieurs phénomènes. Chacun d’eux suffirait déjà à lui seul à créer des problèmes insolubles ; tous à la fois, ils signifient que les souffrances humaines vont terriblement s’aggraver dans un proche avenir et que toute vie s’éteigne ou risque de s’éteindre sur la planète. » Il était question notamment de ressources naturelles et de population, pas encore de réchauffement. Les signataires du « message de Menton » se sont trompés sur toute la ligne. Commémorant l’anniversaire dudit message, la revue Nature, citée par Rittaud, admet que les menaces ne se sont pas concrétisées mais ajoute que quand bien même « nous nous rapprochons du gouffre ». « Par principe, ils ont raison, écrit Rittaud, et si les faits leur donnent tort, ce sont les faits qui se trompent. »

« Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances », écrivit Marcel Proust. Il est un fait, par exemple, que ce sont les pays développés qui présentent les meilleures performances environnementales à l’indice annuel publié par l’université Yale et qu’il faut n’avoir jamais été dans un pays défavorisé pour souhaiter renoncer aux bénéfices de la révolution industrielle. La conclusion – ce n’est certes pas la seule à tirer de cet excellent essai de Benoît Rittaud – est qu’il faut non que l’Occident régresse, mais qu’il incite les pays défavorisés à se développer le plus rapidement possible.

Mythes et légendes écologistes, Benoît Rittaud, 250 p, L’Artilleur.

(Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse – de g. à dr. : Mort, Famine, Guerre et Conquête – illustrant cet article est une oeuvre datant de 1887 de Viktor Vasnetsov.)

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(Cet article a paru dans l’hebdo satirique PAN n° 4116 du vendredi 1er décembre 2023.)

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1 commentaire

  1. MERCI pour cette présentation claire et utile d’un livre qui complète visiblement « L’Obscurantisme vert » d’Yves Roucaute! Je l’ai lu après votre commentaire et lirai celui-ci.

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