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Cancel culture, wokisme et autres nihilismes contemporains

Cancel culture, wokisme et autres nihilismes contemporains Posted on 13 novembre 20212 Commentaires

L’objet de cet essai, qui vient de paraître, de Nicolas de Pape, économiste de formation, journaliste et écrivain belge, est de faire une mise en perspective et un inventaire des concepts de la révolution intersectionnaliste qui efface le clivage politique traditionnel gauche-droite et met l’accent sur les différentes formes de discrimination et de domination subies par certaines catégories de personnes au sein du monde occidental.

C’est bien d’une révolution dont il s’agit, tant elle est radicale dans ses revendications politiques et oppose des paradigmes antinomiques, le premier internationaliste, universaliste, post-historique, le second nationaliste, identitaire, traditionaliste et inscrit dans l’histoire. Il s’agit de toute évidence pour le premier d’en finir avec le monde occidental, capitaliste, blanc, patriarcal, chrétien, sexué, colonialiste, présenté comme irrépressiblement prédateur, et d’en préserver les victimes d’un retour aux « heures sombres de l’histoire ».

Qu’ont en commun Greta Thunberg, la reine d’Angleterre et Staline, s’interrogeait facétieusement Paul Sugy dans un article daté du 12 décembre 2019 sur la plate-forme débat de l’édition en ligne du Figaro. La réponse était : ils ont tous les trois été « person of the year » du Time Magazine. La désignation de la militante écologiste suédoise en 2019 n’était que raison puisqu’elle jouissait alors d’une résonance médiatique considérable.

Or, elle venait de poser un jalon dans l’intersectionnalité revendiquée des luttes contre l’oppression du monde occidental dans une tribune intitulée « Why we strike again », publiée le 29 novembre précédent, dont elle était l’une des trois cosignataires et qui affirmait que la « crise écologique » était aussi une « crise des droits humains, de la justice et de la volonté politique, une crise créée et alimentée par des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux. »

Critique multifacette de l’Occident

Ce n’était certes pas la première fois que l’on faisait le lien. Ce fut notamment l’objet d’un essai publié aux éditions du Seuil en 2019, Une écologie décoloniale, d’un ingénieur en environnement, chercheur au CNRS, Malcom Ferdinand, qui, dans un entretien subséquent avec Libération, évoqua une « conceptualisation de l’écologie qui articule les enjeux environnementaux, les questions de justice sociale et de discrimination de genre, ainsi que les luttes contre le racisme et les formes de dominations (post) coloniales. »

Si tant est qu’il existât encore le moindre doute sur le projet politique des zélateurs du climatisme, il n’avait plus lieu d’être, car, et c’est bien l’objet de Tout doit disparaître, l’essai de Nicolas de Pape, l’intersectionnalité consiste en une critique à facettes multiples d’une société occidentale rendue responsable, par ses contempteurs, de tous les péchés du monde, le racisme et le sexisme n’en étant pas les moindres, et, d’une manière générale, des injustices dont a eu à souffrir le reste de l’humanité en raison de la domination qu’auraient exercée et surtout qu’exerceraient encore les hommes blancs.

Que Greta et d’autres veuillent faire de la « cause verte » et d’autres autant d’angles d’attaque contre le capitalisme et l’occidentalisme paraît anecdotique. Ce qui l’est moins et distingue cette révolution culturelle de Mai 68 est son adoubement par l’ensemble de l’« Etat profond », un terme que Nicolas de Pape, définit comme rassemblant « les lieux de pouvoir non soumis à la sanction démocratique », haute administration, médias, lobbies, groupes de réflexion, cinéma, publicité, enseignement, Union européenne, haute finance, complexe militaro-industriel, milliardaires et philanthropes à la Georges Soros (mais il n’est pas le seul!).

Les élites et le peuple

Ce qui distingue aussi cette révolution, c’est qu’elle s’inscrit dans un reformatage des courants qui la sous-tendent : la division historique entre droite et gauche, conservateurs et progressistes, les beati possidentes et les autres, sans avoir été complètement effacée (car tout est dans l’intersectionnalité des luttes, n’est-ce pas), s’est remodelée en une opposition entre élites (les privilégiés de la politique, de l’administration, de la finance, de l’industrie, etc.) et le peuple (les laissés-pour-compte laborieux, nationalistes et identitaires). Le paysage politique en a été transformé.

Faut-il s’étonner que les pays dans lesquels le sentiment de l’identité nationale prévaut et ont été élus des gouvernements en phase avec cette préoccupation somme toute légitime soient en ligne de mire des potentats non élus de la Commission européenne et de certains gouvernements parmi les plus progressistes de l’Union, tout heureux de détourner l’attention populaire de leurs propres errements idéologiques et de satisfaire aux ambitions carriéristes de certains de leurs membres ?

Repensez à cet égard à l’affaire du Pacte mondial sur les migrations, dit Pacte de Marrakech, de l’Organisation des Nations Unies, qui mit fin au gouvernement Michel I, le 9 décembre 2018, et intronisa un nouveau long vide politique au sommet de l’Etat belge… L’Accord de Paris sur le climat de 2015, qui met l’Occident en coupe réglée au profit du reste du monde et des civilisations avec lesquelles il est en concurrence, est du même acabit !

Ce sont ces errements idéologiques ainsi que la tyrannie des minorités les instrumentalisant, parfois déjà dans la violence, qui font précisément l’objet de l’essai argumenté de Nicolas de Pape, lequel s’interroge sur la volonté de nos élites à travailler à l’auto-destruction de la civilisation occidentale et à notre disparition. « Il est incontestable, écrit-il, qu’une forme d’effacement agite l’intelligentsia occidentale. »

Tout doit disparaître, Cancel culture, wokisme et autres nihilismes contemporains, Nicolas de Pape, 266 pages, Edilivre.

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(L’article ci-dessus a initialement été publié dans l’hebdomadaire satirique PAN n° 4008 du vendredi 5 novembre 2021.)

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2 commentaires

  1. MERCI! Et je retiens surtout que tout le monde a des DROITS, que les devoirs ne peuvent plus exister…. me demande où cette mentalité mènera le monde!
    NB. LE livre à lire – que j’ai lu grâce à votre présentation – est « L’envie » de Helmut Schoeck

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