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« Le Livre noir du communisme » : Crimes, terreur et répression

« Le Livre noir du communisme » : Crimes, terreur et répression Posted on 10 juillet 2020Laisser un commentaire

Le communisme connaît une résurgence, protéiforme. Avec 70% de dépenses publiques par rapport au PIB, n’est-on pas déjà effectivement plus proche d’un régime communiste que d’un régime néo-libéral, comme l’affirme Pierre Wunsch, le Gouverneur de la Banque nationale de Belgique, dans Louvain[s], le magazine de l’UCL ? Le moment paraît en tout cas opportun pour revisiter ce qui fut la matrice historique du communisme politique à travers la lecture du Livre noir du communisme, parmi les premiers à en révéler les « crimes, terreur et répression ».

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Le communisme en tant que régime politique émerge dans une période historique, le 20e siècle, qui, certes, déborde de tragédies. Mais, il en est l’une des pires et, pourtant, ses crimes ont étrangement tardé à être révélés en pleine lumière et à être soumis à une évaluation légitime et normale. Ouvrage d’un collectif d’universitaires, Le Livre noir du communisme, publié par Robert Laffont en 1997 et réédité aux Editions Pocket en 2017, en constitua l’une des premières tentatives.

Archives et témoignages le confirment : dès l’origine, la terreur a été une dimension fondamentale du communisme moderne. En ne tenant compte que des crimes contre les personnes, qui constituent par définition l’objet de la terreur, une approximation minimale du bilan approchait, à la parution du Livre noir du communisme, la barre des cent millions de morts dont 20 millions dans la seule URSS.

Le bilan de la terreur rouge est sans commune mesure avec celui de la répression du régime tsariste qui avait précédé la révolution russe. De 1825 à 1917, le total des personnes condamnées à mort en Russie pour leurs opinions et actions politiques fut de 6360 dont 3932 furent exécutées. En mars 1918, quatre mois après leur prise du pouvoir, les communistes avaient déjà fait pire que les tsars en près d’un siècle.

Entre 1918 et 1922, des dizaines de milliers d’otages et de personnes emprisonnées sans jugement furent fusillés et des centaines de milliers d’ouvriers et de paysans révoltés furent massacrés, avant que la famine, que Lénine considérait comme une arme de lutte politique, ne provoque la mort de cinq millions de personnes en 1922.

L’un des principaux bras armés de la terreur rouge fut la Tchéka, la police politique soviétique créée le 20 décembre 1917 sous l’autorité de Dzerjinski pour combattre les ennemis du nouveau régime communiste. Sa mission, évoquée en 1918 par Latsis, l’un de ses chefs, se passe de commentaires :

« C’est un organe de combat dont l’action se situe sur le front intérieur de la guerre civile. Il ne juge pas l’ennemi : il le frappe. Nous ne faisons pas la guerre contre des personnes en particulier. Nous exterminons la bourgeoisie comme classe. Ne cherchez pas, dans l’enquête, des documents et des preuves sur ce que l’accusé a fait, en acte et en paroles, contre le pouvoir soviétique. La première question que vous devez lui poser, c’est à quelle classe il appartient, quelle est son origine, son éducation, son instruction et sa profession. Ce sont ces questions qui doivent décider de son sort. »

Si, en fait de « bourgeoisie », c’est la paysannerie qui paya d’emblée le plus lourd tribut en vies à la terreur communiste, ne manquèrent pas de s’y ajouter d’autres « éléments socialement étrangers à la nouvelle société socialiste » qui furent mis à son ban, privés de leurs droits civiques, chassées de leur travail et de leur logement, poursuivis et exterminés : les titulaires de professions libérales, les entrepreneurs privés, les artisans, les commerçants, les membres du clergé, mais aussi, en dépit de la mythologie prolétarienne entretenue par le régime communiste, le « petit peuple », s’il se montrait rétif à la marche du progrès.

« Nous rejetons les vieux systèmes de moralité et d’humanité inventés par la bourgeoise », écrira un thuriféraire du régime communiste. S’ensuivront les exécutions sans jugement, les assassinats, les massacres, les déportations dans des camps de concentration où, rapporte Latsis, nommé plus haut, femmes, enfants, vieillards « meurent comme des mouches » et sont victimes des actes les plus abjects, les gardes du camp se livrant au commerce de femmes désespérées et « prêtes à tout » pour échapper à la mort.

La Révolution russe est, dit-on, fille de la Révolution française. Cette dernière connut en 1793-1794 trois épisodes de violences intenses, celui des « massacres de septembre » (l’assassinat d’un millier de personnes par des émeutiers à Paris), celui de l’instauration du Tribunal révolutionnaire et des comités de surveillance et de délation qui conduisirent près de 20.000 personnes à la guillotine, à Paris et dans le reste de la France, et celui des « colonnes infernales » chargées d’anéantir la Vendée et coupables d’incendies, de pillages, de viols, de tortures et de dizaines de milliers de morts, sans distinction d’âge ni de sexe, parmi une population désarmée.

La Terreur préfigura la terreur rouge. Robespierre en posa les premiers jalons comme arme politique de guerre civile, Lénine s’en inspira. « Née pour exterminer l’aristocratie, écrivit François Furet, cité par Stéphane Courtois dans Le Livre noir du communisme, la Terreur finit en moyen de réduire les méchants », c’est à dire tous ceux qui, « pervertis par l’histoire passée, empêchent la Révolution, cette histoire inédite, de créer un homme nouveau »…

Le Livre noir du communisme – Crimes, terreur et répression, Stéphane Courtois, Nicolas Werth, Jean-Louis Panné, Andrzej Paczowski, Karel Bartosek et Jean-Louis Margolin, 1120 pages, Pocket.

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