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Covid-19 : La fin de notre modèle économique

Covid-19 : La fin de notre modèle économique Posted on 6 avril 2020Laisser un commentaire

Quelques grands esprits, certes méritoires, sans doute optimistes invétérés ou naïfs, espèrent que la crise du Covid-19 doublée d’une récession économique signifiera le coup d’arrêt du pacte vert pour l’Europe et de l’utopie écologiste de l’Union européenne de sauver la planète entière et sa population alors que l’UE ne compte que pour 9% des émissions de CO2 et que le reste du monde ne cessera de se développer et de produire de plus en plus de CO2.

Qu’il soit permis de douter que le Covid-19 ne mette fin à l’hystérie climatique. Par contre, il n’est pas à exclure que le paradigme écologiste européen ne mute en quelque chose de bien plus virulent qu’il contient déjà en lui-même, un anti-libéralisme et un anti-capitalisme qui s’affirment ouvertement comme tels, à l’instar de ce qui se passe en France.

Passons sur les tentatives de récupération et les grosses ficelles des intermittents de la collapsologie, « We have a massive crisis = opportunity on our hands. We cannot afford to waste it. Recovery must be green » (l’ancienne secrétaire exécutive de la CCNUCC, Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), « Le prix des carburants, du mazout et du gaz fossile ayant fortement baissé, c’est le bon moment pour instaurer une vraie taxe CO2 ! Ce sera indolore et cela permettra de dégager des ressources pour compenser les effets de la crise » (un frétillant climatologue belge), ou encore ce chercheur membre du GIEC qui se réjouissait de ce que le Covid-19 offrait « un répit bien mérité à la planète ». Passons aussi sur le propos incongru de cet ancien militant communiste révolutionnaire français que la pandémie rend, à ses propres dires, « hilare ».

Arrêtons-nous plutôt à l’adresse aux Français du président de la République en date du 12 mars, trois jours avant le premier tour des élections municipales françaises de 2020, au lendemain duquel il prononça son allocution martiale, « Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible et insaisissable »… Cette déclaration de guerre du 16 mars a pu faire que son « adresse » du 12 mars soit passée quelque peu inaperçue. Il y parlait de volonté collective, de bonne organisation, de solidarité, d’intérêt collectif, de refus du repli individualiste, un jargon politique digne de la perversion du langage que dénonce Hayek dans La Route de la servitude et explicité dans ce passage du discours présidentiel dans lequel se retrouvent, à s’y tromper, les préceptes du dogme écologiste :

« Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. »

Et, pour ceux qui n’auraient pas compris le message, le ministre français de l’Économie précisa sur BFMTV, le 30 mars : « Il faut un nouveau capitalisme, plus respectueux des personnes, plus soucieux de lutter contre les inégalités et plus respectueux de l’environnement. » La suppression des dividendes (sous couvert de solidarité et de justice), la réforme du droit de propriété privée, l’évocation de nationalisations abondent dans le même sens. (Les italiques ont été ajoutés.)

L’intelligentsia française n’a pas tardé à leur emboîter le pas. Patrick Artus, Chef économiste de la banque d’investissement Natixis et l’un des économistes les plus écoutés de France, publiait le 30 mars sur Twitter un « flash » intitulé « La crise du coronavirus sonne-t-elle la fin du capitalisme néolibéral ? ».

Il prédit la déglobalisation des économies ; la nécessité que l’Etat intervienne pour définir et accompagner les stratégies industrielles (dans les secteurs de la pharmacie, des nouvelles technologies, des énergies renouvelables…) ; le renforcement de la protection sociale, « y compris aux Etats-Unis » ; la fin de l’austérité budgétaire et de la concurrence fiscale et la hausse des dépenses publiques (pourtant, avec ses 57% du PIB, la France fait déjà très fort!).

Tout ceci signifie bien, conclut-il, la fin du capitalisme néolibéral qui avait choisi la globalisation, la réduction du rôle de l’Etat et de la pression fiscale, les privatisations et « dans certains pays » – suivez son regard par-delà l’océan Atlantique – la faiblesse de la protection sociale. L’économiste a-t-il fait son coming out marxiste ou, pragmatique, préfère-t-il au capitalisme de connivence le capitalisme d’Etat ? Quoi qu’il en soit, il annonce le retour du keynésianisme.

Bon sang ! Mais c’est… Bien sûr ! L’imprévoyance, voire l’incurie du politique, c’est la faute du système économique ! Il suffit d’en changer. Ah ! ça ira, ça ira, ça ira…

* * *

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