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Que nous a appris la première année de Covid-19 pour l’avenir?

Que nous a appris la première année de Covid-19 pour l’avenir? Posted on 10 avril 2021Laisser un commentaire

Yuval Noah Harari ne rate jamais l’occasion de se faire « brièvement » entendre. Dans un article publié par le Financial Times, l’historien israélien et auteur des best-sellers Sapiens : Une brève histoire de l’humanité et Homo Deus : Une brève histoire de l’avenir a tenté de placer la première année de Covid-19 dans une perspective historique.

Le tragique bilan de la pandémie, loin de marquer une défaite de l’humanité face aux forces de la nature, ne peut, selon lui, cacher le fait que ces forces ne sont plus incontrôlables et que les progrès de la science font que l’humanité n’est plus impuissante comme elle l’était quand elle a dû affronter la peste noire ou la grippe espagnole.

Et, s’il y a eu autant de victimes de la pandémie de Covid-19, c’est, selon Yuval Noah Harari, à cause de mauvaises décisions politiques, en particulier de ceux qui à l’origine ont sous-estimé la gravité de la crise et de ceux qui par la suite l’ont mal gérée.

Dès le 10 janvier 2020, les scientifiques avaient identifié le virus responsable de la Covid-19, séquencé son génome et publié les informations en ligne. En quelques mois, l’on savait quelles mesures pouvaient ralentir et arrêter sa propagation. En moins d’un an, plusieurs vaccins efficaces ont été produits en masse. Dans la guerre qu’ils livrent aux agents infectieux, jamais les humains n’ont été aussi puissants.

L’historien rappelle qu’en plus des progrès de la biotechnologie, la lutte contre le virus a aussi profité des évolutions technologiques dans les domaines de l’information et de la communication ainsi que de l’automatisation.

Monde réel

Il prend l’exemple de l’agriculture. Alors que la production agricole a dépendu pendant des siècles du labeur humain et qu’environ 90 pour cent des gens travaillaient dans l’agriculture, désormais, dans les pays développés, ce n’est plus le cas.

Aux États-Unis, ce n’est qu’environ 1,5% de la population qui travaille dans les fermes et cela suffit pour nourrir l’Amérique et pour faire de cette dernière un exportateur de premier plan dans un secteur qui est en quelque sorte immunisé contre les maladies puisque le travail est largement fourni par des machines et non par des ouvriers qui risqueraient de se contaminer les uns les autres.

Il en va de même dans le secteur du transport, un autre vecteur de propagation des épidémies par le passé. Que l’on songe à la peste noire qui suivit la route de la soie pour se transmettre de proche en proche, par terre et par mer, de l’Asie du Sud-Est à l’Europe. Yuval Noah Harari cite un exemple saisissant : en 1582, la flotte marchande anglaise avait une capacité totale de transport de 68 000 tonnes et employait environ 16 000 marins. Lancé en 2017, le porte-conteneurs OOCL Hong Kong peut à lui seul transporter quelque 200 000 tonnes et il ne nécessite qu’un équipage de 22 marins !

Certes, le tourisme a joué un rôle important dans la propagation de la pandémie de Covid-19, mais que ce soit pour l’agrément ou les affaires il n’est pas essentiel pour survivre comme l’est le transport des marchandises. De même, bureaux, écoles, églises, tribunaux n’ont pas été complètement à l’arrêt pendant le confinement. La situation n’a pas été idéale mais la manière dont le progrès a permis d’y pallier est inédite.

Monde virtuel

En 1918, lors de la meurtrière pandémie de grippe dite « espagnole », l’humanité n’habitait que le seul monde physique et il n’y en avait pas d’autre où fuir. Aujourd’hui, pour le meilleur et parfois le pire, nous sommes nombreux à vivre dans deux mondes : le physique et le virtuel. Quand le coronavirus a frappé dans le monde physique, nombreux sont ceux qui se sont réfugiés dans le monde virtuel, où le virus ne pouvait pas les rattraper.

Que l’on s’en réjouisse ne peut toutefois pas masquer le fait que l’Internet pourrait lui aussi, et plus rapidement encore que le monde réel, un jour s’effondrer victime d’un « coronavirus » de Chine ou d’ailleurs… C’est l’une des leçons à tirer de la pandémie : il faut protéger l’infrastructure numérique du monde libre. Ce fut notre salut cette fois-ci, ce pourrait être la source même d’une catastrophe à venir bien pire encore.

Le rôle du politique

Yuval Noah Harari rappelle toutefois que la science ne peut pas remplacer la politique : « Quand on décide d’une politique, l’on doit tenir compte de nombreux intérêts et valeurs, et comme il n’y a pas de moyen scientifique de déterminer quels intérêts et valeurs doivent primer, il n’y a pas de moyen scientifique de décider de ce que l’on doit faire. »

Dans le cas d’un confinement, la seule question à se poser n’est pas de savoir combien de personnes tomberont malades ou mourront du mal à défaut de confiner ! Il en est d’autres d’ordre économique, social et psychologique et quant aux modalités de surveillance mises en place. Le mal auquel nous sommes confrontés justifie-t-il de supprimer nos libertés fondamentales et d’instaurer une dictature numérique ? (Voir « Le sanitarisme, nouvelle tentation totalitaire ? »)

Et, si une surveillance est jugée nécessaire, ne paraît-il pas souhaitable qu’elle soit proportionnelle et qu’elle aille dans les deux sens et pas uniquement de haut en bas, que le gouvernement et les grandes entreprises soient soumises à un degré de vigilance accru, au risque, dans le cas contraire, d’assister à l’avènement d’un régime autoritaire ? Ça, ce n’est pas de la responsabilité des ingénieurs encore moins des virologues, mais de celle des politiciens et c’est à cette aune-là qu’il faut les juger !

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