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Gestion de la pandémie : la fronde gronde

Gestion de la pandémie : la fronde gronde Posted on 20 février 20211 Comment

Ce n’est plus de jeunes descendant dans la rue pour manifester leur ras-le-bol à l’égard des mesures prises pour endiguer une maladie qui ne leur semble pas les concerner, ni d’illuminés qui se font valoir en dispensant leurs phantasmes sur les réseaux sociaux que la fronde s’élève contre la gestion de la pandémie en Belgique. Désormais, ce sont aussi des scientifiques, voire des praticiens luttant en première ligne contre la maladie qui s’étonnent ou s’indignent.

Dans une carte blanche publiée le 3 février sur le site Internet du magazine Le Vif, un groupe de neuf scientifiques en provenance d’horizons divers, médicaux et autres, s’interrogeaient sur la raison d’être scientifique de la fermeture des auditoires, clubs de sport, cinémas et théâtres, salons de coiffure, bars et restaurants (nonobstant l’opinion de ce patron de banque qui estime qu’il y en a trop…), du masque, des bulles, du couvre-feu, du confinement et d’autres « fais pas ci, fais pas ça, fais comme ci, fais comme ça ».

Quelle légitimité scientifique ?

Certains raisonnements sonnent convaincants, mais quelle légitimité scientifique ont-ils s’ils ne reposent que sur des assertions invérifiables ? Dans un billet d’opinion publié par La Libre Belgique le 2 février, le Docteur Olivier Lhoest, membre du conseil médical du CHC Liège, dénonçait le fait que notre politique sanitaire s’inspire du fameux et fumeux principe de précaution visant le risque zéro, si ce n’est de la technique du parapluie, au lieu de la proportionnalité bénéfice-risque-coût des mesures.

Nos dirigeants, écrivait-il en substance, n’ont rien appris du premier pic de l’épidémie, alors qu’il a permis de constater que la maladie ne concernait que certains tranches de la population et certaines catégories de personnes présentant des facteurs de risque tels que le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité. « Nous savions que le virus n’était différent des virus respiratoires habituels ni par sa contagiosité, ni sa létalité, ni un problème d’immunisation mais uniquement par son évolution en deux phases dans les formes graves. »

Pourtant, ce sont précisément ces éléments de contagiosité, de létalité et d’absence d’immunisation qui sont mis en avant par le gouvernement et ses « experts » (les guillemets sont de l’auteur du billet de La Libre Belgique) et relayés avec assiduité par les médias mainstream pour justifier la politique sanitaire restrictive menée par les autorités. Le Docteur Lhoest, médecin spécialiste en soins intensifs de profession et bien placé pour en juger en connaissance de cause, condamne cette « stratégie imposée à tous, basée sur l’autoritarisme, la violence, la délation et la peur ».

Les coûts du précautionisme

Les coûts en sont énormes, économiques car de larges pans du secteur sans doute le plus dynamique mais aussi le plus vulnérable, celui des entreprises qui occupent moins de dix personnes (95% des entreprises belges, 24,8% de la valeur ajoutée et de 34,5 % de l’emploi, près d’un quart de la valeur ajoutée et plus d’un tiers de l’emploi !), étaient en première ligne pour subir l’électrochoc administré aux indépendants et au petit commerce dits « non essentiels » (sauf pour ceux qui sont directement concernés et dont c’est le gagne-pain).

Mais, l’impact des fermetures et interdictions sur la santé publique est tout aussi énorme, comme en témoigne une étude à grande échelle de l’Université de Gand, conduite par le professeur Lieven Annemans. La deuxième vague de la Covid-19 s’en est suivie d’une baisse de la satisfaction de vivre. Trois quarts des Belges se sentent isolés, tandis que trente pour cent se disent malheureux. « Les gens sont préoccupés par l’avenir de la société », a rapporté Lieven Annemans à ‘t Pallieterke à l’issue de l’étude qui avait été entamée en 2016 et s’est prolongée en deux temps, du 10 février au 27 avril 2020 et du 30 novembre au 27 décembre 2020, afin d’examiner tous les effets de la pandémie.

« Nos chiffres montrent clairement, a ajouté Lieven Annemans, que de nombreuses personnes ont bien géré la première vague. Les gens se disaient ‘We staan ervoor, we moeten erdoor‘ (Nous y sommes confrontés, nous devons l’affronter). Et, si certains ont subi une perte de revenus, ils ont aussi bénéficié des effets du confinement. Il y avait plus de dialogue et de solidarité entre voisins. Mais, la deuxième vague a tout changé. Nous avons soudainement vu émerger d’autres éléments qui déterminent négativement le bonheur. »

Une représentation faussée de la réalité

Avant la crise sanitaire, 40% des Belges se déclaraient heureux, désormais ils ne sont plus que 30%, ce qui signifie, la population belge étant d’environ 11 millions, que plus d’un million de Belges qui se disaient heureux avant la crise du coronavirus ne le sont plus. Pour le professeur Annemans, les Belges sont inquiets de ce qu’ils voient et de la manière dont la crise est gérée, en particulier la répression et la dénonciation des infractions aux mesures de lockdown et les atteintes à nos libertés. Ces choses négatives sont encore exacerbées par les médias qui se complaisent à diffuser une image tendancieuse et déprimante de la crise.

Les médias publient chaque jour des chiffres alarmistes sur les infections, les hospitalisations et les décès, mais du nombre des malades qui ont besoin de soins et n’y ont pas accès, du nombre de gens qui finissent dans la misère et des graves conséquences sur la santé mentale des mesures supposément destinées à combattre le virus, les médias ne parlent guère et ça fausse la perception de la population.

En outre, l’angoisse suscitée par une représentation faussée de la réalité et le catastrophisme ambiant entretenu par le gouvernement et les médias est très mauvaise conseillère, car des études indiquent qu’elle affecte le corps et, notamment, l’immunité. Or, en ce temps de pandémie de Covid-19, une diminution de nos capacités de résistance, à force de nous trouver exposés à des messages de peur quotidiens, est bien la dernière chose dont nous avons besoin.

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Des médias, il est aussi question dans l’essai On vous trompe énormément : L’écologie politique est une mystification que Palingénésie a publié en avril 2020. Commandez le livre en version papier ou au format kindle sur Amazon.fr en suivant ce lien.

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1 commentaire

  1. Oui, on nous trompe… et même énormément! Le livre de David Engels, « Le déclin », recommandé ici, m’a fait comprendre pourquoi. MERCI.

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